Víctor Iturria, contrebandier, pelotari, soldat.

De nombreux basques ont bien sûr combattu sur tous les fronts de Seconde guerre Mondiale.  Mais il y en avait 1: un pelotari de la petite ville de Basusarri, inconnu de nombreux historiens, loué par le Premier ministre britannique Winston Churchill pour sa capacité à abattre des chars nazis avec des grenades lancées d’un seul bras à une distance incroyable . Son nom: Víctor Iturria .

 

Il est né le 22 octobre 1914 dans cette ville d’Iparralde, à 45 kilomètres de Saint-Sébastien. Jeune homme, il a déménagé avec sa famille dans la ville frontalière de Sare. Après une éducation religieuse stricte, il travailla comme tailleur de pierre et a rapidement acquis une grande notoriété en tant que pelotari. Iturria a remporté de prestigieux championnats grâce à son coup droit énorme.

Sa carrière sportive se passait bien jusqu’à ce qu’en 1939. Il se porta volontaire pour arrêter les nazis dès le début du conflit. C’est pour sa capacité à neutraliser les chars qu’Iturria est devenu un héros de guerre. Lui seul, avec le talent acquis en tant que pelotari, a détruit sept tanks PANZER nazis en une seule journée en lançant des grenades avec une main tellement précise. Cet exploit n’est pas passé inaperçu de ses chefs qui l’ont aussitôt décoré de sa première médaille et l’ont qualifié de l’un des soldats les plus exceptionnels de l’armée française. En 2014, l’historien Dominique Lormier l’a inclus dans son ouvrage  » Les grandes figures de la résistance française « .

Après cet exploit, l’un des épisodes les plus importants de la bataille de France a eu lieu: l’évacuation de Dunkerque le 3 juin 1940. Au cours de cette gigantesque opération, Víctor Iturria sera grièvement blessé. Il est rapatrié avec environ 340 000 soldats britanniques, français et belges avec l’aide de navires marchands.  C’est en Angleterre qu’Iturria rencontra le célèbre capitaine George Bergé , le premier agent secret de la France occupée par les nazis. Fin 1940, il est recruté par lui pour faire partie des trente hommes qui forment la première section de parachutistes de la France libre et rejoignent la brigade du Service aérien spécial (SAS) commandée par le colonel David Stirling.. Le pelotari a rapidement montré ses qualités physiques, notamment lorsqu’il s’agissait de lancer des grenades. Avant de s’embarquer pour le Moyen-Orient avec sa nouvelle unité en juillet 1941, il avait le temps de gagner l’admiration de Churchill lui-même. Le Premier ministre voulait voir de ses propres yeux ce qui était le lanceur de grenades dont on lui avait tant parlé.

Víctor Iturria aimait les démonstrations. Devant le Premier Ministre britannique, le pelotari a placé une txapela sur le sol à 50 mètres. Churchill observa la scène avec scepticisme. Lorsque le basque prit deux pas d’élan et lança une grenade de toutes ses forces qui tomba juste à l’intérieur du béret. Le Premier ministre était sans voix.

Au Moyen-Orient, Iturria et le reste des parachutistes français du SAS britannique ont joué un rôle très important, notamment dans la bataille du canal de Suez. En Libye, ils se sont distingués par leurs violentes offensives surprises. Le 12 juin 1942, le héros basque participe à l’attaque de l’un des aérodromes de la région Cyrénaïque, sur la côte nord-ouest du pays, sous les ordres d’André Zirnheld et de Philippe Fauquet. D’autres attaques suivront. Le pelotari est devenu le chef moral de cette unité grâce à son courage exceptionnel, qui a souvent frôlé l’imprudence. Il n’a pas fallu longtemps pour que ses sauts en parachute à quelques mètres des lignes allemandes et, son sens de l’orientation sur le champ de bataille soient célèbres. Les résultats de son unité étaient si importants qu’il reçut les éloges du général Eisenhower lui-même dans ses mémoires.

Víctor Iturria a également été décoré à Alger, en 1943, par le général Giraud. Plus tard, les SAS devinrent la première unité de la France libérée à se battre en France contre les nazis. Ils ont été parachuté dans les lignes ennemies jusqu’à ce que, le 25 août 1944 , le pelotari fut tué dans une embuscade à Blain. La malchance voulu qu’il trouverait la mort le jour de la libération de la France. Il n’avait que 29 ans.

En 1947, après la Seconde Guerre mondiale, le général Bergé se rendit à Sare.  On lui accorda la Légion d’honneur à titre posthume. Un an plus tard, une sculpture fut érigée en son honneur, reflétant ses qualités de lanceurs de grenades. Et près de 75 ans après sa mort, l’armée française se souvient encore du pelotari. Le 15 avril 2015, son nom a été pris pour baptiser la promotion de l’école nationale de Saint-Maixent.

Source ABC Historia Israel Viana (traduction HITZA HITZ)