Des Basques à Casablanca – Maroc

Rencontre avec le Père Salla, religieux de la congrégation de Bétharam qui fût l’aumônier des basques de Casablanca pendant 31 ans, de 1954 à 1985. Si la présence des basques est bien connue, en Amérique Latine et en Amérique du Nord, elle est beaucoup moins en Afrique. Le Père Salla, de Saint Palais, où il vit à présent, nous parle de Denak Bat, l’association basque de Casablanca.

La migration des basques en Afrique notamment, est en partie due à l’époque colonialiste. N’oublions pas que de nombreux basques d’iparralde, sont partis dans les colonies françaises, ici le Maroc, mais aussi l’Algérie, le Mali, le Sénégal, le Benin, la Réunion… même en Indochine. C’est pourquoi des basques étaient présents au Maroc, comme fonctionnaire la plus part du temps, la communauté des basques représentait près de 50 familles. Les Basques étaient présent, comme les béarnais et les bigourdans.

Le Père Salla a été durant 31 années prêtre des basques à Casablanca, au Maroc. Originaire de Juxue, il est un bon joueur de pelote basque, et participe donc au club de pelote basque, Denak Bat de Casablanca.

(à la lecture du titre il devait y en avoir également à Rabat)

Si au début, ce club était destiné aux basques et autres jeunes du sud ouest qui vivaient à Casablanca et dans les environs, l’attraction de la pelote a vite intrigué les jeunes marocains, qui vinrent, eux aussi pratiquer, le joko garbi, la pala, la pala corta ou tout simplement la main nue.

Le père Salla, tout en permettant à tous de jouer à la pelote, respectant ainsi le sens du nom du club, Denak Bat -Tous unis- a indirectement permis de montrer que la culture basque, est une culture qui intéresse, ouverte aux autres, sans distinction d’origine, de religion ou de conviction politique…

La difficulté majeure d’être un prêtre catholique dans un pays musulman, est le respect des lois locales, notamment l’interdiction de faire du prosélytisme. Les activités mises en place, n’ont pas été simple a faire perdurer. Quand le Maroc a obtenu son indépendance en 1956, les anciens colons qui sont restés sur place ont dû respecter les nouvelles lois, dictées par la religion Islamique… 

Depuis le départ du Père salla, en 1985, il n’y a plus de communauté basque à proprement parlé au Maroc. « Il doit y en avoir encore un ou deux par là » nous dit le père, mais pas autant qu’avant…

Le Père Salla, après 31 ans de bons et loyaux services au Maroc vit aujourd’hui, en retraite,  sur la paroisse de Saint Jacques et vit à Saint Palais, en Basse Navarre.

source images (les anciens de Charles de Foucauld)