Anecdote d’un basque qui débarque à Buenos Aires.

En novembre 2005, je me rendais pour la première fois en Argentine. Je devais participer notamment à la Semana Nacional Vasca de Necochea, sur la côte Atlantique.

Après un vol de plus de 10 heures, j’arrivais vers minuit à l’aéroport international de Buenos Aires, « Ezeiza »… déjà, ça commence…

Un amis me déposa à l’hôtel « Dora Hôtel » en plein cœur de la ville.

Sous ma porte de chambre, je trouvais un mot d’une collègue de travail, elle était basée à San Francisco, qui me disait : « la direction nous offre la journée de demain, pour récuperer du voyage, par contre, avec mon mari, nous allons visiter Buenos Aires en car demain matin, donc si ça te dis, rdv à 9h00 du matin en bas de l’hôtel ».

Jetlag aidant, je n’ais pas beaucoup dormi, et j’étais donc le lendemain matin à 9h00 en bas de l’hôtel avec Idoya Sallaburu Urruty et son mari Alain Urruty.

Nous primes le car et nous installames au fond.

Il y avait le chauffeur, et un guide qui parlait dans un micro… et soudain au fur et à mesure de la visite, j’entends le guide dire : « Buenos Aires, ville fondée par les deux espagnols qu’étaient Juan de Garay et Mendoza ! ».. je fis un sursaut, le couple qui m’accompagnait, était plus discret…

Au moment où le bus fit une halte, nous descendimes et j’allais voir le guide.. et lui demandais… « vous êtes sure que Juan de Garay et Mendoza étaient espagnols ? Ils ne seraient pas basques des fois ? Là, le guide me lança, « en effet, Juan de Garay était basque, quant à mendoza, nous ne savons pas… » mauvaise foi et fierté oblige, je lui lançais, « Mendoza est bien basque, je peux vous le garantir.. » et au moment où j’annonçais cela, je voyais le regard du chauffeur qui ne me quittait plus des yeux..

Le car reprit son chemin, avec nous dedans..(c’est mieux…) jusqu’à une autre pause, 20 mn plus tard.. je descends fumer une cigarette (je sais, c’est pas bien…) et le chauffeur vint me voir… il me demanda : « d’où êtes-vous ? » consignes de sécurité oblige (bonne lecture dans l’avion), je lui répondis : « Europe ! » toujours répondre, mais toujours rester dans le flou… « oui, mais où en Europe ? » me lança-t-il… « en France, vers le bas »… « oui mais où en bas? » et là, je lui lance « en Iparralde » et lui de me répondre… « où en Iparralde ? » et là, je me dis, comment il connait le mot Iparralde ? J’habitais le village de Saint Pierre d’Irube alors, donc je lui dis, un petit village juste à côté de Bayonne… il me fait : « bahh, ma famille vient aussi d’un petit village à côté de Bayonne »…il me montra sa carte d’identité..il s’appelait Larramendy, et des Larramendy habitaient mon immeuble à Saint Pierre… surpris, autant lui que moi, nous dûmes reprendre la route..

Alors qu’il conduisait, le guide avec son micro, m’appela : « señor Etcheverry, ven haca por favor! » (monsieur Etcheverry, venez ici s’il vous plait! ).. je me lève, m’avance jusqu’au poste de conduite et là, le chauffeur me tend son téléphone portable et me dit « habla en frances ! » (parle en français).. je prends le mobile et je dis « oui ? » et j’entends une personne me dire « qui est à l’appareil ? », ce à quoi je répondis « Je m’appelle Etcheverry, je suis de Saint Pierre d’Irube et là, je suis à côté d’un Larramendy dans un car à Buenos Aires ».. la personne au téléphone me dit : bahh, enchanté, le chauffeur est mon cousin, et je m’appelle Beñat Larramendy et je suis le Maire de Villefranque ».. je restais sans voix..

Cela faisait à peine 10 heures que j’avais posé le pieds en Argentine et j’étais déjà au téléphone avec le Maire du village à côté de mon domicile…

A mon retour, je lui rendis visite en mairie, où nous parlâmes diaspora, généalogie ..un joli moment..